Interview : Dans les coulisses de l’atelier couture de la Fête médiévale…
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Toute l’année, une vingtaine de bénévoles se retrouvent au sein de l’atelier couture de la Fête médiévale de Guérande. Création, lavage, repassage, réparation, classement… Derrière les quelques 1 000 costumes proposés lors de l’événement se cache un travail considérable, porté par une équipe soudée et passionnée. Rencontre avec celles qui donnent vie aux personnages de la fête.
L’atelier couture fait partie de l’histoire de la Fête médiévale. Comment est-il né et comment a-t-il évolué ?
À l’origine, l’atelier avait été créé pour permettre aux habitants de confectionner leur propre costume. Il était alors installé au Foyer-Logement et fonctionnait comme un atelier participatif où chacun venait avec son tissu pour réaliser sa robe ou sa tenue.
Assez rapidement, l’atelier a commencé à répondre aux besoins de la Fête médiévale. Il fallait notamment créer les costumes des personnages mis à l’honneur, comme Anne de Bretagne, ainsi que les tuniques destinées aux bénévoles et différents éléments de décoration.
À cette époque, une grande partie des costumes était encore louée auprès de costumiers extérieurs, parfois situés à Dinan, à Nantes ou au sud de la Loire. Cela demandait une organisation importante pour repérer les tenues, les réserver, aller les chercher puis les restituer au bon endroit.
L’atelier est installé rue Balzac depuis février 2026. Le stock s’est progressivement développé et compte près de 1 000 costumes aujourd’hui.
Pendant plusieurs années, une costumière professionnelle venait une journée par semaine. Elle nous a beaucoup appris sur les techniques de coupe, d’assemblage et de création propres au costume. Aujourd’hui, l’atelier rassemble une vingtaine de bénévoles aux compétences complémentaires.
« Le stock compte aujourd’hui près de 1000 costumes. »
Les bénévoles au sein de l'atelier couture.
Que se passe-t-il concrètement dans l’atelier tout au long de l’année ?
Le travail ne se limite pas à la confection des costumes. Avant la fête, il faut préparer les tenues, les compter, les classer par catégorie et par taille, puis constituer les différents lots, notamment pour les bénévoles.
Après la fête commence une autre étape très importante. Dès le retour des costumes, nous effectuons un premier tri entre les pièces destinées au pressing et celles que nous pouvons laver nous-mêmes. Les costumes lavables sont ensuite répartis par couleur afin d’éviter les accidents et de gagner du temps.
Chaque pièce est examinée avec attention. Il faut vérifier les coutures, les ourlets, les lacets, les galons et repérer les éventuelles déchirures. Après le lavage viennent le séchage, le repassage et les réparations. Le costume doit être complètement remis en état avant de pouvoir rejoindre à nouveau le stock.
La remise en état des stocks se poursuit généralement jusqu’au mois de décembre. Nous nous consacrons ensuite aux nouvelles créations.
Le lavage est donc une part importante de votre activité ?
Oui, c’est une tâche considérable.
Lors d’une précédente saison, nous avons réalisé environ 420 machines. Nous pouvions en lancer plus d’une vingtaine au cours d’une seule journée. Les cycles sont adaptés à l’état des costumes : ils sont généralement courts lorsque les tenues ne présentent pas de taches et nécessitent simplement d’être rafraîchies après le week-end de fête.
Il faut aussi être très vigilantes car tous les tissus et tous les ornements ne réagissent pas de la même manière. Un tissu peut résister au lavage tandis qu’un galon se met à déteindre. L’expérience nous permet désormais d’anticiper ces difficultés dès la conception d’un costume.
Comment choisissez-vous les tissus et imaginez-vous les nouvelles tenues ?
Les tissus proviennent principalement d’achats mais nous recevons aussi quelques dons. Nous devons alors faire un tri attentif. Nous recherchons surtout des tissus unis, suffisamment légers et confortables, ainsi que des galons ou des rubans qui correspondent à l’esprit médiéval.
Le poids du tissu est un critère essentiel. Certains tissus d’ameublement peuvent donner un très beau résultat visuel mais ils sont souvent trop lourds à porter pendant une journée entière. C’est particulièrement important depuis que la fête se déroule au début du mois de juin et que les températures peuvent être élevées.
Pour créer une tenue, nous nous inspirons des costumes déjà présents dans l’atelier, de livres et de documents historiques. Nous devons toutefois trouver un équilibre entre l’inspiration médiévale, le confort et l’usage réel du costume.
Les créations sont également guidées par les besoins constatés pendant la Fête. Nous avons par exemple besoin de petites tailles pour les adolescentes qui ne peuvent plus porter les costumes pour enfants mais pour lesquelles les tenues pour adultes sont encore trop grandes.
Nous regardons aussi les catégories les plus demandées. Les robes paysannes sont très appréciées parce qu’elles sont légères et confortables. Nous avons également identifié le besoin de confectionner de nouveaux petits gilets afin de proposer davantage de choix.
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Nous créons les costumes en fonction des besoins et des demandes identifiées chaque année.
Jocelyne, une des bénévoles de l'atelier
Comment l’atelier fonctionne-t-il ?
Notre fonctionnement est très collectif.
Les décisions sont prises ensemble. Lorsqu’un choix doit être fait sur une coupe, un tissu ou un assemblage, nous demandons l’avis des autres. Les achats de tissus sont réalisés par quelques personnes mais les choix sont ensuite présentés à toute l’équipe.
Chacune apporte ses compétences. Certaines bénévoles aiment couper les tissus, d’autres préfèrent assembler et coudre. D’autres encore s’occupent du rangement, du tri, du classement ou de l’enregistrement informatique des costumes. Toutes ces missions sont indispensables et se complètent.
Lorsque la costumière professionnelle a quitté l’atelier, certaines personnes craignaient que l’organisation collective soit difficile. Finalement, elle fonctionne très bien ! Il existe une véritable cohésion au sein du groupe.
Avez-vous un souvenir particulièrement marquant de la vie de l’atelier ?
Il est difficile d’en choisir un seul car chaque journée passée ensemble est généralement un bon souvenir. Nous organisons chaque année un repas convivial auquel toutes les bénévoles essaient de participer.
Nous gardons aussi un excellent souvenir d’une sortie organisée dans un château. Pour l’occasion, nous nous étions costumées et avions partagé un repas dans le parc. Le château avec son plan d’eau étaient magnifiques et nous avons réalisé de très belles photos.
Ces moments permettent de renforcer les liens au sein du groupe. La qualité du travail réalisé par l’atelier est directement liée à cette bonne ambiance. Le bénévolat représente beaucoup de temps et d’investissement mais nous prenons plaisir à nous retrouver et à avancer ensemble.