Une méthode pensée pour préserver la vie du monument

Le diagnostic sanitaire et architectural établi par l’architecte du patrimoine Pierluigi Pericolo a démontré la nécessité de traiter globalement l’étanchéité extérieure de l’édifice, ce que les professionnels désignent par l’expression « le clos et le couvert » : toitures, zingueries, maçonneries, joints.

Pour ne pas interrompre l’usage du monument, la stratégie retenue est une intervention en site occupé, par quart de bâtiment. Le chantier a démarré par la partie la plus fragilisée : le quart nord-ouest, la façade occidentale et le clocher central. Cette première campagne est calibrée sur deux ans, jusqu’en juin 2027. Nous en sommes aujourd’hui à mi-parcours.

Ce que font les entreprises sur le chantier

Les maçons et tailleurs de pierre nettoient les parements, purgent les joints dégradés et les reconstituent entre les blocs de granite, réduisant ainsi les risques d’infiltration. Les couvreurs-zingueurs reprennent l’étanchéité des toitures. Les charpentiers, en parallèle, consolident les charpentes.

Si l’intervention porte en priorité sur l’extérieur du bâtiment, le chantier s’invite ponctuellement à l’intérieur de la collégiale pour permettre aux maîtres verriers de déposer les vitraux du nord-ouest de l’édifice. Ils seront reposés à l’automne prochain.

Pinacle du clocher occidental nettoyé et rejointé

Le vitrail du Rosaire parti en restauration

Le premier vitrail à avoir été déposé est celui dit du Rosaire, ou de la remise du rosaire à saint Dominique par la Vierge. Son état de dégradation s’est révélé plus avancé qu’attendu, ce qui a imposé une intervention prioritaire.

Signé Eugène Reby et posé en 1885, ce vitrail représente la Vierge à l’Enfant sur un nuage, remettant un chapelet à saint Dominique de Guzman agenouillé à ses pieds. Le bleu dominant de la composition évoque la Vierge Marie, symbole de pureté et de piété, en écho au rosaire qu’elle tend.

Déposé panneau par panneau, le vitrail du Rosaire a rejoint les ateliers angevins Barthe-Bordereau pour y être restauré. Les autres vitraux suivront : leur dépose permettra de reprendre les encadrements de baies, parfois en très mauvais état, et de nettoyer les panneaux sur leurs deux faces. Après restauration, ils seront repositionnés cet automne avec mise en œuvre d’appuis ventilés, rejingots en plomb et grillage de protection extérieur en cuivre-laiton.

Le vitrail du Rosaire de la Collégiale

Les œuvres d’art protégées sur place

La zone de chantier concerne une partie de l’intérieur de la collégiale qui abrite plusieurs œuvres protégées. Une entreprise spécialisée dans le transport et la protection d’œuvres d’art a été mandatée pour les déposer, les conditionner et les mettre en caisse.

Sont ainsi protégés : le Baptême du Christ, la Cène, le Repas chez Simon, le Calvaire avec sainte Madeleine, le Christ en croix, le tabernacle de l’autel de la Vraie Croix, le monument aux morts de 1914-1918, le baptistère, ainsi que le retable du transept nord.

Les caissons sont stockés sur place, dans des conditions d’hygrométrie et de température contrôlées, pour éviter tout choc sanitaire à ces objets précieux.

Participez à la restauration de la Collégiale Saint-Aubin

Participez à la préservation de ce monument historique avec la Fondation du Patrimoine. Chaque geste compte pour transmettre notre patrimoine aux générations futures.

Collégiale Saint-Aubin @Alexandre Lamoureux