Restauration de la Collégiale Saint-Aubin
Dominant le paysage urbain, la collégiale Saint-Aubin est bien plus qu’un monument religieux : elle est le centre historique de Guérande, autour duquel la ville s’est développée au fil des siècles. Son prestige provient du chapitre de chanoines qui, à l’époque, en faisait le second siège du diocèse de Nantes. Aujourd’hui encore, elle reste un lieu de culte actif, où les cérémonies rythment la vie de la paroisse Saint-Anne en presqu’île guérandaise.
Restauration d’un joyau historique
Monument historique emblématique du patrimoine guérandais, la collégiale Saint-Aubin est le deuxième édifice cultuel le plus visité de la région, après la Cathédrale de Nantes. Elle entre dans une phase de restauration à partir de novembre 2025, et pour une période de 10 ans, afin préserver son architecture unique et son héritage historique.
Histoire et caractéristiques de la collégiale Saint-Aubin
Un édifice sous le patronage de Saint-Aubin
La collégiale est dédiée à Saint-Aubin (v. 469-550), évêque d’Angers, célébré chaque 1er mars. Selon la légende, en 919, face à une invasion barbare imminente, les habitants de Guérande reçurent l’apparition d’un chevalier envoyé par Saint-Aubin pour les encourager à défendre la ville. Grâce à ce soutien divin, ils repoussèrent l’ennemi.
Dimensions et matériaux
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Hauteur : faîtage +23,10 m
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Largeur des transepts : 29 m
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Longueur : 60,5 m
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Surface : 1 380 m²
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Matériaux : granit pour les murs (moellons et pierres de taille), ardoise pour la toiture
Autrefois entourée de trois cimetières (nord, ouest et sud), ceux-ci ont été transférés en 1747 dans le cadre des politiques hygiénistes.
Signes distinctifs : chaire à prêcher extérieure sur la façade occidentale, chœur plus long que la nef.
Un monument aux multiples influences architecturales
Un mélange de styles à travers les siècles
La collégiale est le fruit de nombreuses campagnes de construction et reconstruction :
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6e siècle : premier lieu de culte, à l’emplacement du chœur actuel.
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12e siècle : église romane, dont subsistent piliers et chapiteaux sculptés.
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14e-15e siècles : église gothique, élévations et ornements encore visibles aujourd’hui.
Dates clés
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854 : première mention dans le cartulaire de Redon, abritant les reliques de Saint-Aubin.
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1142-1147 : existence attestée du collège de chanoines.
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1342 : endommagée lors du sac de la ville pendant la guerre de Succession de Bretagne.
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1792 : suppression du collège de chanoines par la Révolution française.
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1840 : inscription aux Monuments Historiques.
Les quatre façades de la collégiale
Façade sud
Le portail sud, richement décoré, ouvrait autrefois sur le cimetière. La crypte et la salle capitulaire ont modifié sa partie basse et haute, et l’ajout de chapelles latérales a détruit certaines fenêtres du déambulatoire.
Façade est
Le chevet est percé de trois immenses baies flamboyantes, soutenues par des contreforts et ornées de moulures, niches et crochets.
Façade ouest
Rebâtie après son effondrement en 1876, la flèche gothique d’origine a été remplacée par une tourelle, tandis que subsistent la chaire extérieure et la tourelle d’escalier.
Façade nord
Après l’écroulement du clocher en 1705, la sacristie a été reconstruite et réhaussée au 19e siècle. La flèche ajoutée en 1903 a été abaissée en 1965. Des fouilles archéologiques de 2006 ont mis au jour les fondations d’un mur et de contreforts antérieurs au 12e siècle.
L’architecture comme incarnation du sacré
La collégiale incarne la spiritualité chrétienne à travers :
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Orientation : tournée vers l’Est, symbole de vie et d’espérance.
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Élévation : hauteur du clocher reliant terre et ciel.
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Plan en croix : reflet du corps du Christ et de la communauté des fidèles.
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Croisée d’ogives et arcs-boutants : volumes intérieurs majestueux et techniques de soutènement.
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Baies et arcs brisés : maximisation de la lumière, expression de la présence divine.
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Vitraux : à la fois esthétiques, pédagogiques et lieux de prière.
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Chaire extérieure : rareté architecturale permettant les prêches publics.
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Ornements gothiques : gargouilles, pinacles et crochets, reflet du foisonnement décoratif du 15e siècle.
Le chantier de restauration de la Collégiale
Un diagnostic complet
L’architecte du patrimoine Pierluigi Pericolo, spécialisé dans la restauration de monuments historiques, a réalisé en 2024 un diagnostic sanitaire pour identifier les altérations et pathologies de la collégiale, notamment au niveau de la maçonnerie, du toit et des vitraux.
Une équipe d’experts mobilisée
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Couvreurs et zingueurs : rénovation de la toiture et des chéneaux.
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Maçons et tailleurs de pierre : reprise des joints de granit.
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Vitraillistes : nettoyage et restauration des vitraux.
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Campanistes : restauration des cloches.
Phase 1 : étanchéité et maçonnerie
La première étape du chantier se concentre sur l’étanchéité extérieure : purge et rejointoiement des murs en granite par les maçons, et couverture par les couvreurs-zingueurs afin de protéger l’édifice des infiltrations.
Pierluigi Pericolo décrit la collégiale Saint-Aubin comme « une restauration passionnante par sa densité historique, sa complexité architecturale et l’aspect extraordinaire de l’édifice ».
Lancement des travaux de la Collégiale Saint-Aubin : un chantier sur 10 ans
Participez à la restauration de la Collégiale Saint-Aubin
Participez à la préservation de ce monument historique avec la Fondation du Patrimoine. Chaque geste compte pour transmettre notre patrimoine aux générations futures.